Ligne Grande Vitesse: la Ville boude le tracé

Publié le mardi 13 décembre 2011 à 07h03

Valbonne suite conseil titre - 15334512.jpg Le conseil municipal de Valbonne, réuni en séance, n’a pas donné d’avis favorable sur le tracé de la LGV, tel qu’il a été proposé. (Photo Cyril Dodergny)

En conseil municipal, il a été demandé aux élus de donner un avis concernant les différents scénarios de Réseau Ferré de France. Mais rien ne semble répondre aux attentes valbonnaises…

Les conditions dans lesquelles se tient le débat public sont assez inacceptables. Nous avons l’impression d’être pris dans un entonnoir. »

Au moment d’aborder, en conseil municipal, la question du tracé de la Ligne à grande vitesse (LGV) Provence-Alpes-Côte d’Azur, Marc Daunis, le maire (PS), est solennel.

Le projet est aujourd’hui dans une nouvelle phase de concertation qui doit mener à sa déclaration d’utilité publique en 2015. Quatre scénarios – qui comportent cinq grands secteurs géographiques – ont été retenus par le comité de pilotage (11 juillet 2011). Les communes concernées ont jusqu’au 15 décembre pour livrer leur opinion… « Je vous propose, à ce stade, de ne pas prononcer un avis favorable. »

Le message du premier magistrat est clair. Son argumentaire remporte l’unanimité. Dans la délibération il est spécifié que « tant que l’étude sur la réhabilitation des lignes existantes n’a pas été communiquée », la ville s’opposerait. Marc Daunis complète : « Il y a un problème de méthode : il n’y a aucune transparence. Les documents présentés ne permettent pas valablement d’avoir un débat public. Il y a également un souci de fond. »

Une nouvelle étude

Valbonne-Sophia Antipolis avait, en effet, demandé à ce que l’on lance une étude en se basant sur les voies existantes. Pour qu’elles soient requalifiées et qu’un passage en sous-terrain soit envisagé. « Cela n’a pas été fait ! Je l’ai réitéré. Le dernier scénario donne, en gros, un montant mais nous stipule que cette solution ne saurait marcher en grande vitesse. Nous n’avons aucunes données concernant l’impact sur l’horaire… Qui m’apparaît extrêmement limité. » L’assistance est méditative. Le maire élève la voix : « Je ne me satisfais pas de ce qui a été fait par Réseau Ferré de France. »

Pour rappel, l’arc méditerranéen de ligne à grande vitesse Barcelone, Marseille Gênes, a été envisagé dès les années 90. C’est en 2004 que la direction régionale de Réseau Ferré de France (RFF) se voit confier son pilotage.

L’idée étant de désenclaver la région et d’accroître les capacités ferroviaires. Une première phase de débat public, en 2005, a permis de définir des objectifs. Entre 2006 et 2008, quatorze plans ont été réalisés. Le gouvernement a tranché pour « Métropoles du sud ».

Alliance avec Villeneuve

Le travail ainsi affiné a amené aux quatre propositions évoquées plus haut. La première est la plus proche des centres-villes, la seconde est la plus rapide, la troisième est la plus économique, la quatrième serait la plus maillée.

« Je sais que RFF préférerait créer une seconde ligne pour faire un maillage en cas de problème sur la première », laisse tomber Marc Daunis. Avant de marteler : « Nous exigeons d’avoir un scénario de requalification de nos lignes avec enfouissement. »

Et si techniquement ce n’est pas possible ? « Nous demanderons que les lignes passent en sous-terrain sur la totalité de la commune. » Au sein du conseil : toujours pas un mot. Alors l’élu garde la main : « Avec le maire de Villeneuve-Loubet, nous avons convenu d’une démarche commune autour de ces exigences de mise en sous-terrain. Il n’est pas question qu’il y ait, un jour, une traversée aérienne de la ligne. »

Fin de séance. C’est le moment de donner un avis. Silence… Tout le monde est d’accord. Suite, donc, au prochain… scénario.